11 juillet 2007

Le rôle social de l’entreprise

9a45347295c75cc7b56e9d05f7ffa30a.jpgTrès intéressante, cette interview de Ian Davis, lundi dans Les Echos. Directeur général du cabinet de conseil Mc Kinsey, son analyse de l’entreprise est différente de tout ce qu’on peut lire ou entendre habituellement. Il a récemment été sollicité pour le dossier Airbus.

Ainsi, l’un des principaux conseils qu’il donne aux entreprises est de « s’investir plus dans le social ». Rien d’étonnant remarquez : pour bien paraître, mieux vaut s’afficher le plus social possible ! Mais son approche est intéressante car jamais il ne remet en cause le rôle bénéfique de l’entreprise, à l’inverse de bien des fois où les patrons, les actionnaires et autres parties prenantes sont considérés comme responsables des difficultés de la société.

Sa pensée est d’établir une relation entre les salariés et l’entreprise ; faire que les salariés parlent et soient fiers de leur entreprise, à l’instar de Google et Apple. Et de rappeler qu’en France, on craint les grosses sociétés, alors qu’en Afrique, « les gens sont obsédés par le moyen de faire venir les multinationales, car elles sont synonymes de produits, d’emplois et de compétences ! » Si la relation employés/ employeurs est si primordiale, c’est parce que « la profitabilité d’une entreprise dépend de la qualité de son environnement ».

Parler social donc, car « pour attirer les talents et les retenir, il est important de leur parler d’autre chose que de bénéfice ! » Et c’est « la réussite qui motive la hiérarchie intermédiaire d’une entreprise. Pas son bénéfice ». On retrouve là l’idée que « le travail rend libre, donne le sentiment d’être utile », idée défendue par Sarkozy durant sa campagne. Le moral est déterminant.

Quant aux hauts revenus des patrons, Ian Davis explique que « l’acf2fad243d8e1d3b18476b105e2121987.jpgcumulation d’énormes richesses ces dernières années a généré du ressentiment chez les nombreux salariés qui n’en ont pas profité ». Mais n’oublions pas que les revenus des footballeurs, chanteurs et autres stars sont souvent autant voire bien plus importants. Ils ne déclenchent pourtant pas de vraies polémiques. José Bové ne s’est pas plaint pendant la campagne que Thierry Henry le soutienne, lui aux 180 000 euros hebdomadaires. Pareil pour Voynet et Renaud, Royal et Noah. Et la différence, c’est que ces hauts revenus n’embauchent et ne font vivre personne. A l’inverse des entreprises, des TPE aux FMN…

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