13 juillet 2007

Discours d’Epinal : pour un pouvoir présidentiel

1356c101550abb84b6a4a1aed68190e9.jpgJeudi soir, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours attendu sur la réforme des institutions, à Epinal. Un lieu hautement symbolique puisque le 29 septembre 1946, le général de Gaulle y avait exposé sa vision d’une « République moderne et adaptée au temps ». Sarkozy aurait très bien pu dire la même chose hier, son envie de « modernisation de la vie politique » voulant dire la même chose.

Parmi les innovations majeures, on  notera l’envie de « renforcer les responsabilités » du président de la République, afin que son « leadership soit reconnu et assumé ». Plus question donc pour l’hôte de l’Elysée d’aller se cacher derrière les rideaux de son palais, et d’adapter le seul Premier ministre à l’humeur du temps. Il est maintenant question d’assumer ; ne cherchez pas loin qui est visé.

Ce renforcement des pouvoirs et surtout des obligations du président mettraient – à mon avis – fin à un sérieux paradoxe sous la Vème République : c’est le président qui est élu au suffrage universel direct, mais c’est le Premier ministre par son gouvernement qui fixe la politique de la Nation. Etonnant quand on sait que le 6 mai dernier, c’est bien Nicolas Sarkozy qui a été élu, et pas François Fillon. A quoi cela servirait-il dans ce cas qu’il y ait un « programme présidentiel » et toute une série de meetings ? Surtout que quand on lit les livres des deux têtes de l’actuel exécutif, on note quelques différences. De Gaulle ironisait sur ces présidents « inaugurateurs de chrysanthèmes ». C’était bien lui qui gouvernait, et son chef de gouvernement Pompidou avait le rôle de Fillon aujourd’hui.

Pas la peine donc de s’offusquer pour dénoncer « l’hyper présidentialisation » de ce début de mandat. La France doit un jour ou l’autre trancher entre régime parlementaire et 86ca34f4e1b484e9cb28def927110f30.jpgprésidentiel, notre système actuel ayant déjà au moins à trois reprises montré ses limites, durant les cohabitations. Et comme en France, à l’inverse de l’Allemagne notamment, il n’y a pas vraiment de culture du compromis au Parlement, droite et gauche campant la plupart du temps de façon bornée et limite ridicule sur leurs positions, adopter le système parlementaire serait certainement, à l’heure actuelle, synonyme d’immobilisme. Si l’on doit opter pour un système présidentiel, on serait certes à contre-courant des autres régimes politiques européens. Mais sans doute n’ont-ils pas, eux, de président qui veut gouverner, et surtout pas élu au suffrage universel…

Commentaires

toutefois le Parlement reste une des bases de la Constitution Française, non ? et prendre De Gaulle comme exemple me semble un peu risqué... Personnellement ca ne me ferait rien que Nicolas Sarkozy connaisse le même destin, certes glorieux un temps, mais au bout du compte se terminant par un refus de la confiance populaire, notamment due à cette politique que tu encourages... Méfiance pour l' hyper-président...

Ecrit par : Flavien | 19 juillet 2007

Un hyper-président non mais un présient qui gouverne oui! Je ne suis pas du tout pour la suppression du Parlement qui doit rester un outils de contrôle. Quant à DG, il "refusait la confiance populaire"... Toujours est-il qu'il a quitté le pouvoir à la suite d'un... référendum.

Ecrit par : Barthé | 30 juillet 2007

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