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13 novembre 2007

Messieurs les conservateurs...

Je vous propose ce petit texte publié cette semaine par l'Orne Hebdo:

 

e0569bac297208d150d34dc52b7dd21d.jpgSoixante-seize pourcent des français estiment que la vie de leurs enfants sera plus difficile que la leur. A première vue, le chiffre peut faire peur : quel monde allez-vous nous laisser ? Mais à bien y réfléchir, peut-être que ce taux est une bonne nouvelle : il va falloir réformer sans tarder, changer enfin ce qui ne va pas. Sauf qu’on est en France, formidable pays ou pourtant la réforme, quelle qu’elle soit, n’est pas judicieuse. N’est jamais judicieuse. 

Qu’importe que les ménages n’aient  pas le moral, n’aient pas confiance en leur patron. Qu’importe que l’on ait peur de l’avenir. Le principal, c’est qu’on ne touche pas à nos habitudes. Elles ne sont peut-être pas bonnes, elles ne sont peut-être pas toujours les bienvenues, ou carrément gênantes. Mais, de grâce, n’y touchez pas.

Régimes spéciaux, universités, fonction publique, carte judiciaire, code du travail, ANPE, … Autant de sujets de frictions de ces dernières semaines, et des prochaines. Autant de sujets pour lesquelles, à chaque occasion, ressurgit l’Ancien Régime et ses corporatismes de tout poil, de toutes tendances, de tous horizons. Il est bon d’être contre ce gouvernement, ce gouvernement de fachos racistes ultralibéraux voraces.

« Cette réforme va faire entrer l’entreprise et les méfaits du capitalisme à la fac » a-t-on pu entendre lors des récents blocages d’universités. A croire que tout va bien dans les universités françaises qui perdent des places dans le classement mondial d’années en années. Campus dont beaucoup sont délabrés, en travaux depuis 10 ans… Et l’on trouve encore le moyen d’aller refuser l’accès des entreprises à la faculté. 180 000 entreprises en France de plus de 10 salariés… 180 000 salauds de patrons. Comme si l’université devait protéger de ces « sales capitalistes ». Comme si on pouvait faire sans eux. Comme si l’Etat pouvait tenir sans eux.

Pauvre fonction publique qui a oublié que « service public » signifiait « service au public » et non desserte des intérêts internes. Pauvre fonction publique étouffante que se veut l’ultime rempart contre « l’ultralibéralisme sarkozyste », bien loin d’être prouvé. Lui qui veut tout régir.

L’erreur du président français est d’avoir trop confiance en l’effet d’annonce et dans la démonstration médiatique permanente. « Etre président, c’est risquer d’être impopulaire », a-t-on pu lire dans un éditorial cette semaine. Que Sarkozy ne s’y trompe pas : aussi volontaire soit-il, « Sarko » sans réforme égale Chirac. La France est immobile, les lobbies ne sont pas forcément du côté où on les accuse d’être le plus souvent. De même que les conservateurs. La tâche est immense : dérouiller la France, cette France frileuse, sous peine de se faire bouffer par une mondialisation de toute façon inéluctable. Le « combat de papa », c’est terminé.

B.F.