20 octobre 2007
Une « mentalité française » négative ?
C’est la question que je me posais hier soir, après le match perdu de la façon que l’on sait. On parle beaucoup du « french flair » en sport, de la « french touch » pour l’amour et la mode… Et s’il y avait, à côté de ces « french symbols », une autre particularité bien typique à l’hexagone ? Une particularité si présente qu’elle ressortirait régulièrement, dans les moments où l’on ne souhaiterai qu’une chose, c’est de ne pas la trouver là. Une sorte d’incapacité à gérer la pression, une sorte de « prise du melon » quand on est favori. Un mélange de panique et d’oubli d’humilité.
En sport, les exemples ne manquent pas. On connaît les « ratages » magistraux de Christine Aron à chaque finale mondiale à laquelle elle participe. De même que Medhi Baala qui, cet été aux mondiaux, a oublié les fondamentaux de sa discipline en attendant le dernier moment pour essayer de se dégager du peloton. Ou encore l’équipe de France de foot, en 2002. Christophe Moreau sur le Tour de France, cette année. Les rugbymen, déjà en 2003.
Quel rapport avec la société me direz-vous. Et si c’était un miroir. Le miroir d’une société qui, quand elle gagne, est indivisible. Quand elle perd, accuse facilement l’autre, comme un sportif accusera l’arbitre ou le dopage dont bénéficie son adversaire, alors que lui-même est chargé. Quel rapport entre un match de rugby perdu et des grèves de la SNCF ? Et si, dans les deux cas, on cherchait à se contenter de ce que l’on avait ? Les mecs de l’équipe de France peut-être se sont-ils satisfaits de leur victoire contre la Nouvelle Zélande. C’était leur Alpe-d’Huez. Et les cheminots se contentent peut-être, eux, d’un système, d’un statut archaïque qu’ils ne trouvent sans doute pas parfait, mais qu’ils ne veulent pas changer car n’étant pas sûr de trouver mieux à la place.
Egalement, on parle souvent de l’arrogance française. Et si elle découlait de cette incapacité à ne pas vouloir plus ? Une sorte de complexe d’infériorité. On aimerait bien, pourtant, avoir plus.
Mais peut-être en est-on incapables. Ce n’est pas notre mentalité. Notre société est trop fonctionnarisée pour cela. Pas la peine de se lever plus tôt, de travailler plus longtemps. A quoi bon ? Il n’y a pas de mérite en France. A travailler plus ou moins bien, plus ou moins longtemps, même salaire. Pourquoi faire plus alors ? C’est sans doute pour ça que l’on n’aime pas les américains. Eux, ils gagnent. Eux, ils auraient applaudi Poulidor mais supporté Anquetil. Aimer les seconds, cette spécialité – encore une – hexagonale. Ce n’est pas grave tant que ce n’est que du sport, après tout. Mais tout est lié. On retrouve la mentalité US en affaires comme dans le sport. Ils ne gagnent pas toujours, mais se battent à chaque fois. Pareil en économie, en politique. Pourquoi est-on fâchés avec ce qui marche, avec ceux qui gagnent ? Pourquoi « avoir les crocs », en France, c’est péjoratif ? L’exception française, c’est aussi ça.
21:05 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france, victoire, envie, mentalité
17 octobre 2007
Liberté, égalité, fraternité, précaution ?
Ainsi donc, dans son « rapport d’étape » remis lundi à Nicolas Sarkozy, la commission Attali propose de retirer de la Constitution le principe de précaution, qu’avait fait inscrire J. Chirac.
Alors, ok, il est facile de se dire que le principe de précaution, c’est une bonne chose : cela évite de se retrouver avec, dans la nature, des produits dangereux. Simplement, ce qui m’interpelle, c’est la tournure que prennent les choses.
Car j’ai l’impression que, depuis quelques années, il est tendance de s’opposer. A Sarkozy, à ses parents, aux profs, aux flics. S’opposer pour s’opposer, cela ne concerne peut-être pas que… l’opposition parlementaire actuelle.
Admettons (comme je le dit également dans la revue de presse du site des jeunes UMP de l’Orne) que nous ayons toujours eu inscrit dans la Constitution le principe de précaution. Aurions nous eu le TGV, le nucléaire, la voiture, les antibiotiques, internet, la télévision, les vêtements synthétiques, les produits cosmétiques, … ? On peut (facilement) se poser des questions à propos de tous ces exemples…
En plein débat sur les OGM, on propose donc de supprimer ce principe de précaution, « frein à la croissance ». Provocation ! Seul problème, nous prenons beaucoup de retard à l’heure actuelle dans la recherche sur ces OGM, dont le seul nom peut faire peur. Toujours est-il que dans un
avenir proche, il faudra nourrir toujours plus de monde avec toujours moins d’espaces cultivables… Soit on fait du tout bio (c’est super-tendance, être écolo, on ne pollue pas la planète) et on ne nourrit pas les petits africains, soit on cherche d’autres solutions, sans exclure d’office les OGM. Parce que pendant ce temps là, les américains, eux, ils cherchent. Et moi, je l’ai déjà dit sur ce blog, j’aime beaucoup les américains, mais je n’ai pas envie d’être à leur merci concernant mon alimentation. A vouloir empêcher la recherche sur les OGM, notre ami José Bové ne protège pas la France, il fait le jeu de ses ennemis yankees. Ces derniers pourront lui dire merci quand tous les brevets seront déposés. Et nous, on n’aura qu’à les accompagner dans leurs guerres autour du monde, parce que si on n’y va pas… N’oublions pas que l’alimentation, c’est la première des armes…
Alors en résumé, le principe de précaution, il serait bon de ne lui donner qu’une valeur législative (ca évite les dérives), mais cela est de toute façon impossible : la France est engagée par des textes internationaux…
14:35 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attali, commission, ogm, précaution, bové
03 septembre 2007
Appel à Nicolas Sarkozy…
« Nous ne remplacerons pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite »… On allait enfin commencer à dégraisser la fonction publique, qui, selon un rapport… socialiste datant de l’an 2000 et remis à DSK, compte pas moins de 500 000 agents de trop. Et les chiffres sont tombés courant août : seulement 22 700 fonctionnaires ne seront pas remplacés. Soit environ un sur trois. Pourquoi ?
Raison politique ? Peut-être. On a voté cet été le projet de loi TEPA. Très bien. On a installé une commission sur « la libération de la croissance ». Sarko est allé s’exprimé devant le Medef. Il y a 10 ou 15 ans, cela n’aurait peut-être pas été possible. Mais pourtant, le pays souffre d’un trop fort attachement à la fonction publique. Comme le dit Ted Stanger dans son livre « Sacrés fonctionnaires », « dans tous les pays, c’est le peuple qui décide et le fonctionnaire qui exécute. En France, c’est l’inverse ». Problème de mentalité.
Donnée préoccupante : trois jeunes sur quatre souhaitent devenir fonctionnaires. A titre personnel, cette donnée me fait plus peur que notre faible taux de croissance. Trois sur quatre… Alors qu’ils pourraient souhaiter investir, créer, embaucher, produire, inventer… Non, « l’avenir » souhaite contribuer à la lourdeur de la fonction publique, responsable selon les données de 90 % des fermetures d’entreprises, à cause de sa complexité administrative. Comment inverser la tendance ? En leur faisant comprendre qu’il y a d’autres possibilités.
Je crois fortement à la fonction publique. Je doute trop d’un libéralisme absolu pour cela. Mais celle à laquelle je crois, c’est une fonction publique
qui serait un acquis social pour ses clients et pas seulement pour ses employés. Une fonction publique qui ne joue pas aux cartes sur son ordinateur quand je vais chercher mon permis, qui ne regarde pas le collègue planter une borne sur la départementale. Une fonction publique qui m’encourage à créer mon entreprise. On peut supprimer l’ISF, défiscaliser les heures supplémentaires, si on ne change pas la fonction publique, alors les meilleures lois ne serviront à rien. Problème de mentalité. J’espère que les 22 700 suppressions ne sont qu’un début. S’il vous plait, monsieur Sarkozy, faites comprendre que devenir fonctionnaire ne doit pas être une fin en soi. Envoyez un signal fort. Si vous, homme courageux, convaincu, charismatique, populaire, en début de mandat n’en êtes pas capable, alors qui le sera ? Nous rêvons tant d’une France attractive…
08:40 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fonction publique, fonctionnaires, entreprises, sarkozy, jeunesse, avenir
13 juillet 2007
Discours d’Epinal : pour un pouvoir présidentiel
Jeudi soir, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours attendu sur la réforme des institutions, à Epinal. Un lieu hautement symbolique puisque le 29 septembre 1946, le général de Gaulle y avait exposé sa vision d’une « République moderne et adaptée au temps ». Sarkozy aurait très bien pu dire la même chose hier, son envie de « modernisation de la vie politique » voulant dire la même chose.
Parmi les innovations majeures, on notera l’envie de « renforcer les responsabilités » du président de la République, afin que son « leadership soit reconnu et assumé ». Plus question donc pour l’hôte de l’Elysée d’aller se cacher derrière les rideaux de son palais, et d’adapter le seul Premier ministre à l’humeur du temps. Il est maintenant question d’assumer ; ne cherchez pas loin qui est visé.
Ce renforcement des pouvoirs et surtout des obligations du président mettraient – à mon avis – fin à un sérieux paradoxe sous la Vème République : c’est le président qui est élu au suffrage universel direct, mais c’est le Premier ministre par son gouvernement qui fixe la politique de la Nation. Etonnant quand on sait que le 6 mai dernier, c’est bien Nicolas Sarkozy qui a été élu, et pas François Fillon. A quoi cela servirait-il dans ce cas qu’il y ait un « programme présidentiel » et toute une série de meetings ? Surtout que quand on lit les livres des deux têtes de l’actuel exécutif, on note quelques différences. De Gaulle ironisait sur ces présidents « inaugurateurs de chrysanthèmes ». C’était bien lui qui gouvernait, et son chef de gouvernement Pompidou avait le rôle de Fillon aujourd’hui.
Pas la peine donc de s’offusquer pour dénoncer « l’hyper présidentialisation » de ce début de mandat. La France doit un jour ou l’autre trancher entre régime parlementaire et
présidentiel, notre système actuel ayant déjà au moins à trois reprises montré ses limites, durant les cohabitations. Et comme en France, à l’inverse de l’Allemagne notamment, il n’y a pas vraiment de culture du compromis au Parlement, droite et gauche campant la plupart du temps de façon bornée et limite ridicule sur leurs positions, adopter le système parlementaire serait certainement, à l’heure actuelle, synonyme d’immobilisme. Si l’on doit opter pour un système présidentiel, on serait certes à contre-courant des autres régimes politiques européens. Mais sans doute n’ont-ils pas, eux, de président qui veut gouverner, et surtout pas élu au suffrage universel…
10:15 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : de gaulle, sarkozy, epinal, discours, president, regime, institutions
