24 juin 2007
Conseil européen : Sarkozy arrache l’accord promis
C’était l’une de ses principales promesses de campagne, ce traité simplifié. L’idée ? Reprendre la partie institutionnelle de la Constitution rejetée en 2005, partie à l’époque non contestée, à l’inverse du chapitre instituant un modèle économique « trop libéral », par le biais d’une « concurrence libre et non faussée ». Nicolas Sarkozy s’est donc imposé comme incontournable dès sa première sortie européenne.
La partie s’annonçait serrée ; les polonais notamment, par le biais de Lech Kaczynski, ayant posé leur condition : le nouveau traité ne devait pas prendre en compte la règle de la double majorité (pour être adoptée, une décision doit réunir 55% des pays membres et 65% de la population de l’UE par le biais de ses représentants). Ce système, selon Kaczynski, avantageait trop l’Allemagne. L’argument du président polonais ? Sans le nazisme, la Pologne compterait davantage d’habitants aujourd’hui. Argument dans l’absolu recevable, mais tout de même étonnant… Finalement, ce mode de vote n’entrera en vigueur qu’à partir de 2014.
En France, les réactions ont été variées. Les socialistes, qui n’ont pas peur du ridicule et encore moins en plein débat sur les 35 heures et le Smic à 1500 euros (voir billet précédent), se sont permis de qualifier le traité de « mini-ambition », qui « dénaturait l’essence même de l’Europe » . Pour DSK, de loin le moins farfelu du PS, même si le traité n’est « pas suffisant », c’est « une bonne base de travail. (…) Nicolas Sarkozy a bien travaillé ». Marie-George Buffet a dénoncé une « manipulation visant à effacer le non de 2005 », sans penser que les Français n’avaient pas dit non à l’Europe mais à une certaine Europe. Jack Lang, de son côté, a expliqué que Nicolas Sarkozy avait été « un bon ouvrier de l’Europe ». Peu crédible, au vu de sa sincérité bien tournante…
10:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, conseil, europe
23 juin 2007
Rififi au PS : le résultat d'une comédie
Après avoir déclaré que le « Smic à 1500 euros et les 35 généralisées » n’étaient pas crédibles, Ségolène Royal s’est attirée les foudres de nombreux membres du PS, qui est loin d’être sorti de ses luttes internes. Un conseil national du parti a lieu ce samedi, auquel elle ne participera pas.
Les personnes, dont je fais partie, pour qui Ségolène Royal est davantage une personne de droite qui officie à gauche vont être, une nouvelle fois, confortées dans leur opinion. Mercredi soir, lors de l’émission « Question d’info » sur LCP, l’ex-candidate PS a ainsi expliqué que ces deux mesures « n’avaient pas été crédibles ». Et d’ajouter qu’elle « avait elle-même eu un doute là-dessus ». Voir la vidéo en cliquant ici.
Pour la première fois, j’ai eu en découvrant ces déclarations une petite sympathie pour S. Royal. Un peu de pitié aussi. Il faut être sacrément fort pour pouvoir, toute une campagne durant, être capable de défendre des propositions auxquelles on ne croit pas. Cela finit de toute façon par se voir. Le meilleur exemple fut à ce sujet le débat télévisé du 2 mai dernier. En l’espace d’un instant, la candidate avait tout d’abord concédé que les 35 heures n’avaient « pas été une bonne mesure dans certains domaines », avant de se retourner complètement pour expliquer que les 32 heures, c’est envisageable. Cherchez la cohérence…
On ne peut sans cesse s’inventer un rôle. C’est pourtant une pratique très courante en politique, mais il y a forcément un moment ou cela coincera. C’est ce qui s’est passé avec Ségolène Royal. Pour preuve, le vote en sa faveur a été un vote d’adhésion à moins de 40% (contre plus de 70 à Sarkozy). Face à elle, l’homme aux convictions profondes (malgré, il faut bien l’avouer, quelques imprécisions et incohérences) a triomphé. Son mandat est clair, son projet annoncé avant ratification. Pour ceux à qui cela fait peur, rassurez-vous : on aurait pu avoir un gouvernement tout PS qui, à l’heure actuelle, ne saurait toujours pas si Smic à 1500 euros et 35 heures sont applicables ou pas…
10:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 mai 2007
Gouvernement Fillon : au travail!
Vendredi matin, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a dévoilé la liste des quinze ministres qui composeront le gouvernement Fillon I. Sans surprise, l'ouverture est au rendez-vous, avec à la Défense l'UDF Hervé Morin et au Affaires Etrangères l('ex) socialiste Bernard Kouchner. Plus surprenant, quatre secrétaires d'Etat on été nommés. Parmi ceux-ci, on notera Eric Besson, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques. Le soir de sa défaite, Ségolène Royal avait elle demandé au nouveau Président de ne pas le nommer ministre, elle a donc été en partie écoutée.
Ce gouvernement est différent des précédents. Plus jeune, plus resserré, plus ouvert. S'y retrouvent des anciens, tels A. Juppé ou M. Alliot-Marie, et des novices, comme Hervé Morin, Valérie Pécresse ou Rachida Dati. Nicolas Sarkozy voulait "la meilleure équipe de France possible", on s'en est approchés. Et il faut bien le dire, dans l'Orne, on aurait souhaité la présence d'Alain Lambert aux Comptes publics, lui dont les compétences à ce niveau sont (re)connues. Mais il continuera de servir le département, par quelque manière que ce soit.
On entend depuis vendredi matin dire que l'équipe de François Fillon ne porte en aucun cas les marques de la "rupture". Chose étonnante, vu d'une part que l'on n'a pas encore vu le gouvernement à l'oeuvre, mais surtout que la rupture annoncée ne dépend pas des personnes gouvernantes mais plutôt de la façon de procéder. La complémentarité Sarko-Fillon, la ligne de conduite claire annoncée sont déjà les garants d'une autre manière de gouverner. Nul doute que, face à la mission qui leur est confiée, les membres du gouvernement appliqueront les consignes. Sarkozy avait promis l'ouverture, c'est le cas. La parité, c'est le cas. Un nombre ressérré de ministres, c'est le cas. Il avait dit qu'il s'occuperait d'Airbus, il le fait. Ingrid Betancourt? Pareil. La relance de l'Europe, l'environnement la semaine prochaine, idem. Les premières promesses sont tenues. Et cela ne devrait pas s'arrêter.
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17 mai 2007
Passation des pouvoirs: une nouvelle ère
Hier 16 mai a eu lieu la passation des pouvoirs entre Jacques Chirac et son successeur, Nicolas Sarkozy. Un moment émouvant : le second doit en partie au premier son entrée dans le monde politique, et notamment grâce au fameux discours de Nice en 1975. C'était vraiment une nouvelle page qui commençait. Dès le début, nouveau style, nouveau rythme dans le discours, la famille au grand complet, les sentiments affichés. Sarko a fait entrer l'Elysée dans l'ère de la modernité, c'est certain.
Le moment le plus marquant de la journée restera très certainement (pour moi du moins...) la cérémonie de mémoire aux fusillés du Bois de Boulogne, à la veille de la libération de Paris. 35 fusillés, 35 assassinés. La libération de Paris était déjà jouée. Ces exécutions étaient donc totalement gratuites. Existe-t-il un plaisir de tuer? Il faut le croire. L'occasion également pour Nicolas Sarkozy de dévoiler sa première mesure en temps que président de la République : faire lire la lettre de Guy Môquet, jeune communiste de 17 ans fusillé, à tous les lycéens, à chaque rentrée. Nul doute que cette lettre, pleine de maturité et de sagesse, commençant ainsi : "Ma petite maman chérie..." fera réfléchir certains. Considérons-la comme un repère. Espérons que nous, qui n'avons jamais vécu de guerre, comprendrons tous l'importance de telles déclarations. Le président, qui pe
ndant la campagne n'a eu de cesse de citer cette lettre, en eu même les yeux humides à l'écoute de sa lecture par une lycéenne de 17 ans, l'âge du jeunes résistant au moment de son décès. Au delà de tous clivages, gardons-la en mémoire. Même Mme Buffet, qui n'a pas vraiment idéologiquement grand chose à voir avec Nicolas Sarkozy, a salué "la première mesure du nouveau président". Nul doute qu'il en sera un grand, ne décevant pas ceux qui ont voté pour lui, surprenant ceux qui ne l'ont pas fait. C'est de valeurs dont nous manquons, c'est une certitude quand on voit la réalité de la vie aujourd'hui avec l'intensité du document du jeune communiste. Mais cette dernière devrait toucher beaucoup de monde. Pour une première journée, ce fut un sacré symbole. Ce ne doit pas être un hasard.
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