04 septembre 2007

GDF Suez : en toile de fond, l’enjeu énergétique

2ebbee77d73c3c0a9bfad4bff3c091ba.jpgCela faisait un an et demi que Dominique de Villepin avait annoncé la fusion du gazier français et du géant franco-belge en matière d’énergie et d’environnement. Depuis hier matin donc, la fusion est officielle entre les deux groupes, dont la nouvelle entité devrait voir le jour au début de l’année prochaine.

 

Faut-il s’en réjouir ? A priori, l’idée est alléchante. Initialement évoquée pour éviter une OPA pas vraiment amicale de l’électricien italien Enel sur Suez, elle permet au final de former le troisième groupe énergétique mondial, derrière Gazprom (russe) et EDF. Au vu de la bataille pour l’énergie qui s’annonce au cours du XXIème siècle, avoir deux français dans les trois premiers ne peut être mauvais…

 

Egalement, les deux entreprises fusionnant vont apporter l’une à l’autre ce qui leur manquait : alors que GDF possède un gros portefeuille de clients (monopole durant des années oblige) mais pas vraiment du parc de production, c’est un peu l’inverse pour Suez. De plus, la libéralisation grandissante des fournisseurs d’énergie obligeait GDF à se doter d’un fort département électrique. Et, surtout, GDF Suez devient d’entrée le premier acheteur et le premier fournisseur de gaz en Europe. Rien que ça.

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Que reste-t-il alors de l’historique service public de l’énergie ? N’en déplaise aux partisans d’un dur service public « à la française », il n’y a plus de situation de monopole (mettant ainsi fin à une étonnante situation : un service public ne devrait en aucune façon se retrouver en situation de monopole, ce dernier étant un vieux rêve capitaliste…). La concurrence, de toute manière imposée par l’UE, favorisera donc – théoriquement - une compétitivité accrue des structures françaises. Et l’Etat reste actionnaire à plus de 35% du nouvel ensemble, lui offrant toujours une minorité de blocage. En ce qui concerne les prix, le PDG de GDF Jean-François Cirelli a assuré hier matin en conférence de presse que « les prix ne bougeront pas, restant contrôlés par l’Etat ».

 

Au cours du XXIe siècle, l’énergie sera de toute manière un dossier clé. Ne nous plaignons pas que (pour une fois…) la France prenne de l’avance sur ses rivaux, que ce soit en matière de fournisseurs (EDF et GDF Suez, donc) comme en matière de technologie (nucléaire). Areva devrait signer aujourd’hui mardi un contrat portant sur la livraison de deux réacteurs EPR à la Chine, pour un montant de 6 milliards d’euros. EDF participe, encore avec Areva, à la construction de 4 EPR aux Etats-Unis. J’apprécie beaucoup les Etats-Unis, notamment pour la mentalité de ses habitants. Mais je trouve que nous sommes déjà suffisamment dépendants d’eux pour l’être encore un peu plus. Nous ne pouvons déjà pas manger sans eux, et ils investissent plus que nous dans les biocarburants. Bref, l'avenir. En matière énergétique, la France a d’incroyables atouts qu’elle se doit d’imposer. On répète souvent que la mondialisation est un fait, que la France doit s’y adapter. En devenant la référence en matière d’énergie, secteur incontournable, elle en deviendrait un acteur à part entière.